La vie de mon chat (4’30)

Il était une fois, dans un pays où vivaient beaucoup de chats errants, une petite chatte tigrée. Elle avait une petite tache blanche au bout de trois de ses pattes, un pelage brun-doré et un petit nez retroussé. Elle vivait entre les immeubles avec les autres chats des rues.

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Pour Noël, je partage avec vous une histoire un peu différente qui me tient à cœur. Il s’agit de l’histoire vraie de mon chat car c’est à elle que j’ai pensé en réfléchissant à une belle histoire à partager la veille de Noël.

Il était une fois, dans un pays où vivaient beaucoup de chats errants, une petite chatte tigrée. Elle avait une petite tache blanche au bout de trois de ses pattes, un pelage brun-doré et un petit nez retroussé. Elle vivait entre les immeubles avec les autres chats des rues.

La première fois que je la vis, elle s’avança vers moi pour se frotter à mes jambes avec la queue dressée. C’était une petite chatte sociable de quatre ou cinq mois que l’on aurait plus facilement imaginée roulée en boule sur un canapé que perdue dans le gris de la rue.

Chaque fois que je retournais la voir, elle venait grappiller quelques caresses mais je ne pouvais pas la ramener avec moi. Une fois rentrée, je pensais beaucoup à elle. Comment s’en sortait-elle, là-bas ?

Lorsque l’hiver vint, j’appris qu’elle s’était liée d’amitié avec une petite chatte blanche du même âge et qu’elles se défendaient mutuellement. J’appris aussi que l’hiver était rude, là-bas, mais qu’une dame avait adopté la petite chatte blanche et qu’elle avait dû aussi prendre son amie avec elle pour qu’elle accepte de venir. Elle avait appelé la petite chatte blanche « Souris » et la tigrée « Grisouille ».

Mais la dame n’appréciait pas Grisouille. Elle la nourrissait mais ne la caressait jamais et ne jouait jamais non plus avec elle.

Grisouille commença alors à faire des bêtises pour attirer l’attention. Elle se mit à renverser le linge, à déterrer les plantes, à salir les tapis. Elle se faisait gronder chaque fois, et la dame se plaignait sans cesse de cette chatte turbulente.

Rapidement, Grisouille passa le plus clair de son temps sur le balcon. Elle n’y était pas enfermée et pouvait rentrer si elle le souhaitait, mais là-bas au moins elle pouvait échapper aux réprimandes qui ne manquaient pas de pleuvoir chaque fois qu’elle faisait quoi que ce soit.

De temps en temps, elle renversait une plante alors qu’elle essayait de trouver un endroit plus confortable, se faisait gronder de nouveau et se faisait plus petite encore.

Je la revoyais de temps en temps et je sais qu’elle me reconnaissait. Une fois je pus être seule avec elle et la faire venir sur mes genoux. Je la sentais se détendre sous mes doigts et finalement s’endormir. Je crois que c’était la première fois depuis bien longtemps qu’elle se sentait en confiance. Pour une raison que je ne comprenais pas, la dame refusa de me la donner et je dus repartir sans elle de nouveau.

Lorsque je la revis, deux ans plus tard, elle était prostrée dans un coin du balcon. Elle souffla lorsque je m’approchai, comme pour se défendre. C’était la seule chose qui lui restait pour exister. Je m’approchai d’elle doucement, et m’aperçus immédiatement que son ventre était trempé. Elle m’autorisa à regarder.

C’étaient deux grosses boules sous sa peau, de la taille d’un œuf. Elle avait léché, léché, léché pour essayer de faire partir sa douleur mais toute son attitude montrait qu’elle souffrait. Son poil était recouvert de plaques allergiques, elle avait des plaies aux gencives et perdu beaucoup de poids.

Cette fois-ci, à ma surprise, la dame accepta que je prenne Grisouille. Je la fis soigner d’abord pour retirer les tumeurs et soigner sa bouche, vacciner, identifier, puis, dès que possible, je la mis en cage pour l’amener avec moi.

Elle prit l’avion puis le train, et elle arriva. Je lui promis alors que chaque jour je la caresserai. Petit à petit, Grisouille commença à explorer sa nouvelle maison. Son pelage retrouva le lustre que je lui avais connu lorsqu’elle était venu se frotter à mes jambes sept ans plus tôt, mais surtout son regard redevint vif et animé.

Je sens encore, parfois, le poids de son passé lorsqu’elle se fige en me sentant approcher alors qu’elle mange ou qu’elle joue. Sans doute ne perdra-t-elle jamais ce réflexe, mais elle apprend désormais à savourer d’être dans une maison où elle est aimée.

A Grisouille, qui un jour s’est frotté à mes jambes et que j’ai adoptée.

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