Guide de relecture typographique

Je vous propose un guide de relecture typographique, à l’usage de tout auteur ou autrice qui souhaite s’autoéditer, mais également pour ceux qui privilégient la voix éditoriale « classique » afin de proposer un manuscrit agréable à la lecture.

N’hésitez pas à me faire toute remarque sur son contenu si vous en avez !

Lorsque l’on publie ses livres en auto-édition, cela implique que l’auteur.trice prend en charge l’ensemble des tâches qui permettent d’arriver au produit fini. Ces tâches comprennent :

  • l’écriture du texte en lui-même, et normalement si vous êtes en train de lire cette fiche c’est que vous aimez écrire et que vous avez envie d’aller plus loin,
  • la relecture de fond du texte (est-ce que ce que je veux dire est compréhensible ?),
  • la relecture de style du texte (est-ce que ce que je veux dire est bien formulé ?),
  • la relecture orthographique et grammaticale du texte (est-ce que je respecte bien l’ensemble des règles de la langue française ?),
  • la relecture typographique (est-ce que je respecte bien l’ensemble des règles de la langue française ?),
  • le choix du titre,
  • la rédaction du résumé,
  • le choix du prix,
  • l’illustration (a minima de la couverture), et tout ce qui va avec (notamment le passage au scanner et la mise au propre numérique, ou le dessin numérique directement, le choix du format d’illustration et de l’emplacement du texte, etc.),
  • l’obtention d’un numéro ISBN, et l’insertion du code barre associé sur la quatrième de couverture,
  • la mise en page de la couverture (couverture, tranche, quatrième de couverture),
  • la mise en forme du texte.

Toutes ces tâches incombent à l’auteur.trice. Concrètement, cela veut dire que par le biais de l’auto-édition vous toucherez plus à chaque vente que par le biais de l’édition traditionnelle, mais cette marge supplémentaire couvre en réalité un travail éditorial en plus d’un travail de création.

Bref, l’objet de ces fiches-outils et de vous aider un peu dans votre projet d’auto-édition, mais cela peut servir également pour un circuit d’édition classique (selon la maison d’édition, les postes de relecture orthographique, grammaticale, typographique sont plus ou moins bien assurés, mais en plus de cela votre manuscrit sera plus agréable à lire pour l’éditeur).

1           La typographie, pourquoi ?

Les règles de typographique sont toutes ces petites règles de base qui fond que les textes qu’on lit dans les livres sont homogènes.

Soyons très clairs, personne ne va acheter votre livre parce qu’il respecte parfaitement et scrupuleusement les règles typographiques en vigueur, mais en revanche cela peut dissuader vos lecteurs dont la lecture sera gênée si vous n’adoptez pas les codes usuels !

Une relecture typographique, c’est une relecture pas très amusante où l’on va décortiquer les espaces, les ponctuations, les caractères spéciaux, etc. Cela implique de se détacher complètement du contenu : on ne veut pas être perturbés ni par le fond, ni par le style du texte.

Par contre, si on intègre directement les règles de typographique courante dès la rédaction sur ordinateur du texte, et si en plus elles deviennent automatiques, elle va beaucoup, beaucoup, plus vite !

2           Qui la définit ?

Il y a de nombreux ouvrages sur le sujet, on peut citer le « Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale » par exemple mais il y en a d’autres.

Sauf que quand on est auteur.trice, personne n’a jamais vraiment pris le temps de nous former à tout cela donc on a plusieurs choix :

  • suivre une formation sur le sujet,
  • apprendre à partir des ressources en ligne,
  • faire appel à un prestataire spécialiste.

Je suis certaine qu’il existe des MOOC sur le sujet (j’essaierai d’en trouver un à l’occasion) mais si vous lisez cette page vous êtes très probablement à deux doigts de la publication ou de l’auto-publication donc je vous propose les quelques règles que j’ai appliquées dans mon recueil « Contes de neige et de papier » (que vous pouvez vous procurer sur Amazon en impression à la demande !).

3           Bases de typographie

Pour votre relecture, pensez à afficher les marques de mise en forme dans votre logiciel de traitement de texte.

Sur Word : onglet Accueil / sous-onglet Paragraphe / ¶.

3.1         Ponctuations

Certaines ponctuations sont, en langue française, précédées ou suivies d’une espace (c’est féminin pour la typographie), d’autres non. Les voici classées selon cette classification :

  • sans espace avant : . , … … ! … ?
  • avec une espace (insécable !) avant : ? ! ; :, »
  • avec une espace (insécable) après : «

Par exemple : Julie mangea sa tranche de pain. Vu comme elle la dévora, elle devait-être excellente ! Mais finalement, préférait-elle le pain blanc ou le pain noir ? L’histoire ne le précisait pas…

En théorie, votre logiciel de traitement de texte doit insérer de lui-même une espace insécable avant les ponctuations qui en ont besoin, mais si vous avez tapé votre texte dans un outil de texte pur (bloc note, mail…) il est très probable que ce ne soit pas le cas.

Pour aller plus vite, on peut utiliser l’outil « remplacer » comme suit :

  • remplacer toutes les ponctuations sans espace (par exemple « ! »), par la même ponctuation avec une espace insécable (dans l’exemple : «  ! »),
  • remplacer toutes les ponctuations avec une double espace (par exemple «   ! ») par la même ponctuation avec une seule espace insécable (dans l’exemple : «  ! »).

Pour faire une espace insécable sous Word, il faut utiliser Ctrl + Maj + espace.

Concernant les points de suspensions, il s’agit d’un seul caractère « … » et non de trois points. Votre traitement de texte devrait diligemment corriger cela lorsque vous tapez votre texte directement dedans, mais ce n’est pas le cas si votre outil est un outil de texte pur (bloc note, mail…).

Pour corriger cela, on peut utiliser l’outil « remplacer » : remplacer tous les « … » (trois points) par le caractère « … ».

A noter : il n’y a jamais quatre points de suspension, ni deux. C’est toujours trois. Je sais qu’on voit beaucoup de textes en ligne dont l’effet dramatique est accentué par la quantité de points de suspensions (par exemple : « alors qu’il se promenait dans la nuit noire, il vit quelque chose d’étrange…… ») mais ce n’est pas correct (et personnellement je trouve que c’est gênant pour la lecture). On peut aussi faire des « points de suspensions exclamatifs » (… !) et « interrogatifs » (… ?) : dans ce cas, il n’y a pas d’espace avant les points de suspension mais il y a un espace entre les points de suspension et le point d’exclamation ou d’interrogation.

Pour faire un caractère « … » sous Word, il faut utiliser Ctrl + Alt + point.

3.2         Apostrophes

L’apostrophe telle qu’indiquée sur votre clavier est l’apostrophe ‘ (apostrophe droite) mais en français on utilise l’apostrophe courbée ’ ! Votre traitement de texte devrait faire cette correction tout seul sauf (encore une fois) si vous utilisez un outil de texte pur. Dans ce cas, utilisez l’outil « remplacer » en remplaçant par une apostrophe « ’ » tout ce qui n’est pas une apostrophe (et ne mettez pas d’espace ni avant ni après) :

  • ˈ (apostrophe droite),
  • ˊ (accent aigu),
  • ˋ (accent grave),
  • ʹ (prime),
  • ʻ (virgule culbutée),
  • ʽ (virgule réfléchie).

Je sais que cela n’a l’air de rien, mais c’est une des corrections que j’ai le plus faite dans mon manuscrit car je multipliais les outils d’écriture).

3.3         Guillemets

En français, on utilise de préférence les chevrons « comme ceux-ci » (avec une espace insécable après le premier et avant le deuxième). Votre traitement de texte devrait faire de lui-même la correction, sinon utilisez l’outil remplacer.

Si vous voulez utiliser des guillemets anglais, il faut utiliser ceux qui sont courbés comme ceci “comme ceux-ci” (sans espace insécable !) et pas les guillemets droits  » du clavier. Cela peut être utile pour imbriquer une citation (par exemple : « Dans cet “exemple” je montre l’imbrication des guillemets. »).

3.4         Tirets

Il y en a plusieurs en réalité à savoir principalement le trait d’union « – » (celui de la touche « 6 ») qui peut être sécable ou insécable, le tiret demi-cadratin « – » (plus long) et le tiret cadratin « — » (encore plus long).

Le trait d’union sert… De trait d’union. Dans « pot-au-feu » par exemple, et c’est tout. Je pense qu’il y a un trait d’union spécial pour les nombres mais je ne fais pas la distinction.

Les tirets demi-cadratin et cadratin sont quant à eux utilisés pour les dialogues et les incises – quand vous voulez ajouter quelque chose à votre texte en off à votre texte. Je pense que l’on peut utiliser l’un ou l’autre selon sa sensibilité. En général, on dit d’utiliser le cadratin pour les dialogues mais je le trouve personnellement trop long donc j’utilise personnellement le demi-cadratin tant pour les dialogues que pour les incises.

Sous Word, vous pouvez faire un tiret demi-cadratin avec Ctrl + – (du pavé numérique) et un tiret cadratin avec Ctrl + Maj + – (du pavé numérique).

Si vous souhaitez un tiret insécable, sous Word, il faut taper Ctrl + _ (l’underscore du 8), par exemple si vous ne voulez pas qu’il y ait un retour à la ligne au milieu de « rendez-vous ». Il aura la même taille qu’un trait d’union normal à l’impression.

3.5         Parenthèses

Concernant les parenthèses, je les utilise assez peu pour la fiction (je leur préfère les tirets d’incise) cependant si vous voulez en utiliser il faut mettre une espace normale avant la parenthèse ouvrante (mais pas d’espace après) et une espace normale après la parenthèse fermante (mais pas d’espace avant).

A l’intérieur de la parenthèse, le texte commence par une minuscule et se termine sans point. J’ai tendance à ajouter cependant la ponctuation exclamative ou interrogative le cas échéant (pour accentuer mon propos, mais je ne crois pas que ce soit correct ! Ou peut-être faudrait-il alors une majuscule au début ?).

3.6         Espacements doubles

Je trouve utile de faire une recherche des doubles espacements qui peuvent traîner ici et là. Vous pouvez faire une recherche avec deux espaces pour voir où ils sont (le champ de recherche ne fait pas la distinction entre espace insécable et normale) et les corriger.

3.7         Coupures de mots

Les textes tels qu’imprimés dans les romans subissent une mise en forme dite « justifiée », ce qui veut dire que les espaces entre les mots s’ajustent d’eux-mêmes pour que toutes les lignes fassent exactement la même longueur (c’est plus joli à l’œil). Cependant, trop d’espace entre deux mots rend la lecture pénible ce qui peut arriver si vous avez des mots trop longs qui ne rentrent pas sur une seule ligne.

Dans ce cas, les logiciels de traitement proposent des options de césure automatique. Sur Word il faut aller dans : onglet Disposition / sous-onglet Mise en page / Coupure de mots / Automatique. Dans les options associées, vous pouvez paramétrer de ne pas couper les mots commençant par des majuscules (qui ne sont usuellement jamais coupés) et de ne pas enchaîner plus de 3 césures consécutives (ce qui est la règle usuelle). Il est aussi possible de définir les coupures manuellement soit avec l’option Manuel, soit en insérant une césure avec Ctrl + – (le tiret du 6). Cette césure manuelle est invisible si le mot est au milieu de la ligne, mais s’il se retrouve en bout de ligne alors la césure se fera à l’endroit défini.

Je vous conseille personnellement d’attendre d’avoir fait tout le reste de la mise en forme pour vérifier les césures et de n’opter pour les césures manuelles qu’à la toute fin au cas par cas.

Quelques règles à vérifier :

  • on coupe un mot entre deux syllabes (ab-solution, ou abso-lution),
  • il faut au moins deux lettres avant de couper (écar-ter et surtout pas é-carter, ali-éner et surtout pas a-liéner),
  • on ne coupe pas après une apostrophe (l’apo-strophe et pas l’-apostrophe),
  • on ne coupe pas le dernier mot d’un paragraphe,
  • on ne coupe pas le dernier mot d’une page,
  • on ne coupe pas un nom propre ou commençant par une majuscule,
  • on ne coupe pas une abréviation (mais on ne met pas non plus d’abréviations dans un roman).

3.8         Mise en forme des paragraphes

Les paragraphes doivent être justifiés, sauf dans le cas où l’on joue volontairement sur la mise en forme (poésie, albums pour enfants, effet de style ponctuel dans un roman…).

Pour séparer les paragraphes de manière claire, il y a deux possibilités :

  • indenter la première ligne (un espace au début de la ligne),
  • augmenter l’espacement vertical entre les paragraphes.

Vous pouvez choisir la méthode que vous voulez. Personnellement, j’ai préféré la seconde méthode pour mes contes qui donnait un rendu plus aéré et que je trouvais plus simple à lire quand je lisais à voix haute.

En revanche, ne faites surtout pas cela à la main ! Votre traitement de texte gère des styles, et c’est cela qu’il faut utiliser. Si vous le faites « à la main » (en ajoutant une tabulation en début de paragraphe, ou en sautant deux lignes après un paragraphe), vous risquez d’avoir des décalages dans votre mise en forme à la moindre modification dans le contenu. De plus, si vous changez d’avis et que finalement vous préférez opter pour l’autre solution, vous devrez tout mettre à jour à la main !

Avec un style personnalisé, vous avez la main pour changer d’un coup la mise en forme (y compris la police de caractère et sa taille d’ailleurs), et cela permet de garder une homogénéité d’ensemble.

Avec Word, pour indenter la première ligne : onglet Accueil / sous-onglet Style / clic droit sur le style à modifier / Modifier… / Format / Paragraphe… / Retrait et espacement / Retrait / De 1re ligne / Première ligne (et précisez la longueur du retrait).

Toujours avec Word, pour augmenter l’espacement vertical entre les paragraphes : onglet Accueil / sous-onglet Style / clic droit sur le style à modifier / Modifier… / Format / Paragraphe… / Retrait et espacement / Espacement (et augmentez les valeurs Avant / Après, personnellement je paramètre plutôt l’espacement après le paragraphe pour le corps du texte et les deux pour les titres).

Enfin, il y a une règle typographique sur les paragraphes : il faut qu’il y ait au moins 2 lignes en bas de la page et 2 lignes en haut de la page si votre paragraphe est coupé par un changement de page. Le traitement de texte devrait le gérer tout seul.

3.9         Mise en forme du dialogue

Les dialogues rythment vos textes, et c’est important, mais souvent ils sont mal mis en avant par les auteur.trice.s qui sont sur ce coup assez peu aidés par leur traitement de texte (en tout cas je trouve que Word est très peu aidant sur le sujet).

Il y a deux méthodes pour présenter votre dialogue : la méthode traditionnelle en français avec des guillemets, et la méthode américaine uniquement avec des tirets. Je préfère utiliser la première que je trouve plus élégante mais elle est un peu plus compliquée à mettre en œuvre (vous vous poserez toujours la question du positionnement des guillemets fermants).

Méthode avec les guillemets :

On introduit le dialogue avec des guillemets ouvrants (et on prend des chevrons, voir plus haut), puis à chaque nouvelle réplique on début la ligne par un tiret (cadratin ou demi-cadratin, soyez juste cohérent avec l’ensemble du document) suivi d’une espace, et lorsque le dialogue prend fin on le ferme avec des guillemets fermants. Les incises courtes (« dit-elle », « précisa-t-il », …) s’incluent à l’intérieur des guillemets, sauf la toute dernière de l’échange si elle est en fin de phrase. Les incises longues (« Alors que son interlocuteur parlait, elle jetait des regards fébriles vers la fenêtre. ») vont être placées à l’extérieur du dialogue. Les incises courtes, mêmes précédées d’un point d’exclamation ou d’interrogation, commencent par une minuscule. Par exemple :

« Bonjour, dit la jeune femme en souriant. Prendrez-vous du thé ?
– Volontiers, il fait un froid glacial dehors », lui répondit son invité en réchauffant ses mains.

Tandis qu’il se réchauffait, elle partit préparer du thé puis revint chargée d’une théière fumante.

« Est-ce vrai ce que l’on dit ? Qu’il y aurait une coupure de courant en ville ?
– On ne peut plus vrai, j’en revient et il fait aussi sombre que dans un four ! lui avoua-t-il.
– J’espère que nous ne serons pas touchés, qu’en pensez-vous ? » l’interrogea-t-elle.

Méthode avec les tirets :

Avec les tirets, c’est à peu près pareil sauf que l’on commence toutes les répliques par un tiret (cadratin ou demi-cadratin) suivi d’une espace. Ainsi, on ne s’embête pas à se demander quand ouvrent et ferment les guillemets. C’est de plus en plus utilisé en France. Par exemple :

– Bonjour, dit la jeune femme en souriant. Prendrez-vous du thé ?
– Volontiers, il fait un froid glacial dehors, lui répondit son invité en réchauffant ses mains.

Tandis qu’il se réchauffait, elle partit préparer du thé puis revint chargée d’une théière fumante.

– Est-ce vrai ce que l’on dit ? Qu’il y aurait une coupure de courant en ville ?
– On ne peut plus vrai, j’en revient et il fait aussi sombre que dans un four ! lui avoua-t-il.
– J’espère que nous ne serons pas touchés, qu’en pensez-vous ? l’interrogea-t-elle.

A propos de l’espace après les tirets

En théorie, il faudrait utiliser une espace insécable non justifiante derrière les tirets de dialogue, de sorte que le début de chaque réplique soit parfaitement aligné (en effet, avec une espace justifiante le dialogue va s’ajuster à la longueur de ligne et l’espace aura une taille variable).

Néanmoins, je trouve la manipulation laborieuse avec Word… On peut soit définir un style de liste à puces « dialogue » où l’on précise du coup la longueur de l’espacement après le tiret, ou insérer manuellement un espace cadratin ou demi-cadratin depuis les symboles (ils sont rangés dans « Ponctuation générale »).

Je pense qu’on ne vous en voudra pas si vous utilisez un espace insécable classique et si pour une fois vous ne définissez pas un style « dialogue » dans vos styles personnalisés (c’est une solution qui fonctionne bien avec la méthode des tirets, mais moins bien avec celle des guillemets).

A propos de l’indentation ou de l’espacement entre les lignes

Je n’ai rien trouvé à ce sujet.

Si vous avez choisi d’indenter la première ligne de vos paragraphes, j’aurais tendance à indenter la première ligne de chaque réplique, ou carrément tout le dialogue (mais j’aime moins cette méthode-là qui donne l’impression d’un aparté).

Si vous avez choisi d’augmenter l’espacement entre vos paragraphes, j’aurais tendance à ne pas le faire entre les répliques du dialogue (cf. mes exemples). Pour cela, mon astuce sous Word c’est de faire un renvoi à la ligne sans changer de paragraphe (Maj + Entrée). Vous constaterez qu’en faisant ça votre dernière ligne de texte justifié va prendre toute la ligne (et on a vu qu’on veut éviter cela). Mon astuce est de rajouter une tabulation à la fin de la ligne de dialogue (Tab) puis de faire un renvoi sans changer de paragraphe mais cela implique que votre format de page ne bouge plus car si vous êtes en bord de page il faut éviter d’insérer cette tabulation qui ajouterait une ligne vide (testez chez-vous). C’est donc à faire à la toute fin.

Et pour les répliques longues

Attention aux dialogues qui doivent rester percutant, mais il se peut que vous ayez un personnage très bavard qui se lance dans une longue explication et que vous deviez faire un paragraphe dans sa réplique. Pour ne pas perdre le lecteur, l’usage veut que vous trouviez un moyen qu’il comprenne que c’est toujours la même personne qui parle.

J’ai trouvé sur un blog ( https://lesoufflenumerique.com/2012/10/23/typographie-ecrire-des-dialogues/ ) la proposition de commencer son nouveau paragraphe par un guillemet ouvrant.

Autrement, ce que j’applique personnellement c’est que j’ajoute une incise longue qui va venir scinder le monologue et permettre à votre lecteur de respirer (par exemple : « elle s’interrompit un instant pour boire une longue gorgée d’eau »).

3.10     Mise en forme des pages

Tous ces éléments sont à ignorer pour un ebook. Pour un ebook, simplifiez autant que possible la mise en forme sinon les convertisseurs ne fonctionneront pas bien !

Usuellement, un nouveau chapitre commence sur une page de droite. Cela veut dire que si le chapitre précédent s’est terminé sur une page de droite également, alors vous devrez laisser une page blanche entre les deux. Ceci permet de retrouver plus facilement un chapitre dans un livre en le feuilletant ! Il peut y avoir des exceptions si vous procédez par doubles pages, mais en gros faites démarrer vos chapitres tous du même côté.

Là encore, ne le faites pas à la main. Votre traitement de texte peut gérer cette mise en forme pour vous. En revanche, je vous conseille de vous occuper de cela à la toute fin, lorsque vous avez tout votre texte dans le document et qu’il ne devrait plus trop bouger ! Sous Word, je constate souvent des soucis dans ces mises en forme (certaines finesses m’échappant).

Pour passer à la page suivante sous Word : onglet Disposition / sous-onglet Mise en page / Saut de pages / Insérer un saut de page.

Cependant, dans le cas d’un livre il vaut mieux utiliser « Insérer un saut de section page impaire » qui fait que la nouvelle section (votre nouveau chapitre) commencera automatiquement à la prochaine page impaire. Si besoin de laisser une page blanche, le traitement de texte le fera tout seul.

En pied de page, pour les livres assez longs (donc pas les albums illustrés pour enfants où cela me semble superflu), il faut faire figurer le numéro de page. Vous pouvez le positionner :

  • au centre de la page, indifféremment des pages paires et impaires,
  • à gauche sur les pages paires, à droite sur les pages impaires.

Je trouve la deuxième solution plus élégante, mais la première plus simple à mettre en œuvre car il n’y a pas besoin de faire une distinction de mise en forme pour le pied de page.

Au niveau de la numérotation, il faut numéroter toutes les pages sauf usuellement la dernière page contenant du texte d’un chapitre et les pages laissées blanches pour respecter le début de chapitre en page impaire. Normalement, le traitement de texte laissera tout seul les pages blanches entièrement blanches.

De plus, prenez soin d’attribuer un numéro de page impair aux pages de droite.

Concernant les marges à garder, c’est compliqué de répondre simplement et je vous invite à récupérer les modèles de documents fournis par l’imprimeur que vous choisirez s’il en a. Il faut tenir compte de la reliure donc les marges sont différentes sur une page paire et une page impaire (cela mériterait un article dédié).

3.11     Mise en forme des listes

C’est surtout utile pour les textes techniques. La liste est introduite par « : » et chaque item est précédé par un tiret (demi-cadratin ou cadratin, moi je préfère le demi).

Si la liste aurait pu tout simplement poursuivre votre phrase (par exemple : « je dois acheter : des prunes, des pommes, des citrons »), alors on ne met pas de majuscule aux différents items et on finit chaque ligne par une virgule ou un point-virgule. Le dernier item est suivi par une point (normal, de suspension, d’exclamation, d’interrogation) sauf si votre phrase se poursuit derrière (par exemple : « je dois acheter : des prunes, des pommes, des citrons, pour préparer une tarte »).

Si la liste est composée de phrases complètes (par exemple pour une recette de cuisine), alors on met une majuscule aux différents items et on finit chaque ligne par un point (normal, de suspension, d’exclamation, d’interrogation, comme vous-voulez).

3.12     Abréviations des unités

Là aussi, c’est plutôt pour les ouvrages techniques. On met une espace insécable entre la valeur écrite en chiffre et son unité abrégée (par exemple : « il a plu 30 mm d’eau), et on n’abrège pas l’unité si on écrit la valeur en texte (par exemple : « il a plu trente millimètres d’eau). Devant une unité non abrégée, on utilise une espace simple.

3.13     Chiffres et nombres

On écrit les chiffres et les nombres en toute lettre (vingt-deux et pas 22) sauf si vous êtes dans un ouvrage technique et sauf cas spécifiques (un numéro de téléphone, une adresse, un indice…).

Par exemple, si votre personnage donne son adresse je trouve plus lisible de lire « 45 rue des poissons » que « quarante-cinq rue des poissons »). Ou bien si vous proposez un extrait de journal signé par votre voleur « 13 ».

Autrement, les seuls chiffres et nombres sont ceux des numéros de page.

J’attire votre attention sur quelques subtilités d’orthographe :

  • « mille » est invariable (« mille », « deux mille »),
  • « vingt » et « cent » s’accordent quand ils sont multipliés mais pas s’ils sont suivis par un autre adjectif de nombre (« vingt », « quatre-vingts », « quatre-vingt-deux », « cent », « deux cents », « trois cent vingt-trois »),
  • il faut un trait d’union pour les nombres inférieurs à cent sauf autour de « et » (« quarante-deux », « trente et un », « trente-trois mille »).

3.14     Un sommaire ?

Ce n’est pas obligé dans un roman. A vous de voir (utilisez l’outil sommaires de votre traitement de texte).

Si vous mettez un sommaire, pensez à bien contrôler que les numéros de page se sont bien mis à jour à la fin !

3.15     Mots en langue étrangère

Les mots en langue étrangère, dont les locutions latines (« a priori », « a fortiori », …) ainsi que leurs abréviations (« cf. », « etc. », …) se mettent en italique, sauf s’ils sont passés dans le langage courant (par exemple, on écrit plutôt « week-end » sans le mettre en italique, ou encore « t-shirt », « ciao », …).

4           Le mot de la fin et check-list pour votre relecture

J’ai balayé (beaucoup) de choses pour ce guide.

Retrouvez le contenu de cet article + une check-list pour vous aider à tout vérifier en cliquant sur ce lien !

Si vous voulez me remercier du temps passé dessus, je vous invite :

  • à le partager aux auteurs et autrices qu’il pourrait aider,
  • à le liker, commenter, partager pour lui donner de la visibilité,
  • vous inscrire à la newsletter de mon blog (lien sur la droite),
  • ou à commander l’un de mes livres en version papier ou numérique J.

N’hésitez pas à me dire si vous voyez des erreurs, et que vous voulez apporter des précisions, et à me dire également si ce guide a été utile !

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