Les oiseaux de l’hiver / The birds of winter

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Il était une fois un pays où l’on disait que les saisons étaient amenées par des oiseaux. Il y avait les oiseaux aux couleurs douces du printemps, ceux aux couleurs vives de l’été, ceux aux couleurs chaudes de l’automne, et enfin les oiseaux blancs de l’hiver. Les premiers amenaient les fleurs, les seconds les fruits, les troisièmes les feuilles mortes et les derniers les branches nues.

Il y avait là-bas une autre légende qui disait qu’une flûte avait le pouvoir de réchauffer les cœurs lorsque l’on jouait en gamme majeure et de les plonger dans la plus profonde des noirceurs en gamme mineure. Elle n’émettait ni le son le plus pur, ni les notes les plus justes mais son pouvoir était délicat à manier, si bien que celui qui y parvenait pouvait se targuer de posséder une infime partie du savoir de l’univers, celui qui permettait de percer l’âme des gens.

La flûte attisait les convoitises, son chemin pouvait se deviner au travers des batailles qu’il y avait eu pour s’accaparer son pouvoir. Bien peu parvenaient à la garder plus d’une semaine car le son qu’elle émettait était si caractéristique qu’il ne fallait pas longtemps pour la retrouver. Pourtant, il y eut un homme qui finit par l’obtenir et qui se garda longtemps d’en jouer, ce qui fit que la piste se perdit.

Etait-il plus sage qu’un autre, ou plus patient ? En réalité, c’était un homme dont les seuls trésors étaient les étincelles qui crépitaient dans le regard d’or de sa femme, et qu’il voulait par dessus tout voir renaître en lui offrant un automne merveilleux puisque c’était sa saison préférée.

Alors il explora le monde longuement, cherchant partout les nids des oiseaux des saisons en emportant avec lui la flûte sans en jouer et il finit à force de persévérance par le dénicher. Il y avait quatre arbres au fond d’une vallée, l’un couvert de fleurs, l’autre de fruits, le troisième de feuilles rouges et le dernier entièrement nu. L’homme escalada l’arbre aux feuilles rouges, et il trouva les oiseaux de l’automne. Il leur joua simplement la gamme de do majeur, et la flûte répondit à son souffle en insufflant aux oiseaux une vigueur nouvelle.

L’automne vint avec sa cargaison de feuilles d’orange et de rouge. Les arbres ployaient sous elles, et chaque marche en forêt était un ravissement. L’automne dura longtemps, offrant au regard un échantillon de toutes les couleurs possibles entre l’or et le feu, mais l’hiver ne vint pas. Décembre arriva, puis janvier, et les feuilles étaient toujours là.

Comme l’homme savait où nichaient les oiseaux, il repartit dans la vallée. Tout en haut de l’arbre nu, les oiseaux de l’hiver dépérissaient là où ceux de l’automne ne semblaient jamais perdre de leur vigueur. Il grimpa donc en haut de l’arbre nu et joua la même gamme qu’il avait déjà jouée aux oiseaux de l’automne. Lorsqu’il fit cela, les oiseaux blancs semblèrent se réveiller et prirent leur envol tandis que les oiseaux aux couleurs chaudes retournaient à leur sommeil.

Il comprit alors que la flûte était à double-tranchant, que ce qu’elle offrait à l’un, elle le prenait à l’autre si bien que l’homme avait involontairement brisé un équilibre fragile. Il redescendit de l’arbre et décida d’abandonner la flûte dans la vallée pour que personne ne puisse la retrouver.

Lorsqu’il rentra chez lui, il trouva sa femme sous les flocons de neige. Ses iris d’or irradiaient de la joie la plus pure devant les féeries de l’hiver. Le paysage se couvrait petit à petit d’un manteau immaculé, et déjà les rires des enfants et des adultes retrouvant leur innocence s’élevaient partout. Les animaux revêtaient leur pelage blanc pour se fondre dans les masses neigeuses, les boules de neige volaient et tapis au creux d’un arbre nu les oiseaux de l’hiver les observaient.

Ils sont parfois visibles en vol lorsque débute l’hiver. Ils se cachent dans le blizzard, sous les toits des maisons, dans les arbres et les congères. Ils seraient toujours sensibles au chant de la flûte, et si un musicien s’aventurait à leur jouer une mélodie joyeuse la légende dit qu’ils feraient pleuvoir les plus beaux des flocons.

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Once upon a time, there was a country in which seasons where said to be brought by the birds. There were the pastel-colored birds of spring, the bright-colored ones of summer, the warm-colored ones of fall and the white ones of winter. The first ones were bringing flowers, the second ones fruits, the third ones dead leaves and the last ones bare branches.

There was another legend according to which a flute was said to warm the hearts when played major scale and to sink them in the deepest darkness when played minor scale. It was not playing the purest sound, nor the rightest notes but its power was delicate, and the one who was able to use it could boast of owing part of the universe knowledge, the power to see through people souls.

The flute stired greed, its path could be guessed through battles to get its power. Not many people managed to keep the flute for more than a week as its sound was very specific and it was not long to retrieve it. Yet, a man finally got it and did not play it for a while, so the flute was alleged to be lost.

Was he wiser, or more patient ? In fact, he was a man whose only treasures were the sparkles in his wife’s golden eyes. Above all, he wanted to see again those sparkles by giving her the most beautifyl fall as it was her favorite season.

So he explored the world for a long time, seeking everywhere the seasons birds’ nests and carrying the flute without playing it. His perseverance finally paid when he found what he was looking for. There were four trees in a valley, one covered with flowers, one with fruits, the third one with red leaves and the last one entirely bare. The man climbed the tree with the read leavs and found the birds of autumn. He simply played the C major scale, and the flute gave the birds a new strength.

Fall came with its orange and red leaves. The trees were bending under their weights, and each forest stroll was an enchantment. Fall lasted for a long time, offering to the glances a sample of every possible color between gold and fire but winter did not come.
December passed, then winter, but the leaves were still there.

As the man knew where the birds were nesting, he went back to the valley. At the top of the bare tree, the birds of winter were fading away while those of fall seemed to never get exhausted. He climbed at the top of the bare tree and played the C major scale for the birds of winter. Doing so, the white birds seemed to wake up and took off while the warm-colored birds fell asleep.

He understood that the flute could work in two ways, that what it was giving to someone, it was taking it from someone else, and the man had unintentionally shattered the fragile balance. He went down and decided to abandon the flute in the valley, so no one would ever be able to find it again.

When he went back home, he found his wife covered with snowflakes. Her irides were sparkling with the purest joy due to the magic of winter. A white coat was slowly covering the landscape, and children and grown-ups’s laugh could be heard everywhere. Animals were turning white to hide in the snow, snowballs were flying, and the birds of winter were watching, hidden in a hollow tree.

They can sometimes be spotted when winter begins, under the roofs, hidden in the trees or the snowdrifts. They are alleged to be sensitive to the sound of flute, and if a musician decided to play a joyful melody, the legend says the most beautiful snowflakes would fall.

 

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Le farfadet et la pierre d’immortalité / The leprechaun and the immortality stone

Il était une fois un farfadet qui rêvait d’être alchimiste. Les potions ne l’intéressaient guère, lui qui cherchait par-dessus tout à obtenir une pierre d’immortalité.

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Il était une fois un farfadet qui rêvait d’être alchimiste. Les potions ne l’intéressaient guère, lui qui cherchait par-dessus tout à obtenir une pierre d’immortalité.

Les pierres d’immortalité ressemblent un peu à des glaçons, ce sont des pierres transparentes d’une très grande pureté qui permettraient d’offrir l’immortalité à ceux qui les possèdent car alors il suffit d’en laisser une seule tremper dans de l’eau de source et de boire cette eau chaque jour pour vivre éternellement. Le farfadet cependant ne pouvait obtenir cela car il ne connaissait rien en alchimie.

Cependant, la ténacité faisait partie de ses qualités et à force de recherche et de lecture, il finit par mettre la main sur un très vieux livre aux pages jaunies, intitulé « la légende des siècles ». Il en parcourut les pages avec avidité jusqu’à trouver la recette qu’il convoitait. Pour réaliser une pierre d’immortalité, il fallait réaliser une potion très complexe puis la donner à boire à un chat noir sans la moindre tâche blanche : au bout de cent jours, une pierre d’immortalité se formait dans l’estomac du chat.

Il dut s’y reprendre à maintes reprises, car il n’est pas donné à tout un chacun de réaliser les potions les plus difficiles, mais il finit par y arriver. Il dilua sa potion dans une soucoupe de lait qu’il donna à un chat entièrement noir puis attendit en gardant un œil sur son chat.

Au bout de 63 jours, une nuit, le chat vint se frotter à son visage. Il le chassa d’abord, mais le chat insistait et venait mordiller sa main en se glissant sous les draps. Lorsqu’il finit par ouvrir les yeux, une fumée épaisse s’était répandue sur tout le plafond et il ne fut pas long à comprendre qu’un feu s’était déclaré chez lui. Il échappa ainsi de justesse à la mort, même si sa maison et l’ensemble de ses biens furent détruits. Il avait cependant toujours le chat, et la pierre d’immortalité qui grandissait dans son estomac…

Lorsqu’arriva l’échéance des 100 jours, la seule façon d’obtenir la pierre était de tuer le chat mais tout le monde sait que les farfadets paient toujours leurs dettes or le chat lui avait sauvé la vie. Il épargna donc le chat et perdit du même coup le résultat de son expérience mais tous deux vécurent ensemble jusqu’à ce que le chat meurt de vieillesse et même alors le farfadet ne chercha jamais à récupérer la pierre.

Certains prétendent que le farfadet n’avait pu créer de pierre d’immortalité, mais la plupart pensent qu’il y est parvenu. Cela n’a cependant que peu d’importance car il était redevable au chat et le resta toute sa vie.

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Once upon a time there was a leprechaun who was dreaming of being an alchemist. He was not interested in potions though, as he was mostly looking forward to get an immortality stone.

Immortality stones look like ice cubes. They are high purity stones alleged to give immortality to those who own them, as putting them in spring water and drinking this water every day allows to live eternally. But the leprechaun could not get one, as he knew nothing about alchemy.

However, one of his qualities was perseverance and through research and reading he managed to find a very old book with yellowing pages, titled « The century legend ». He read it eagerly until he found the recipe he was looking for. To produce an immortality stone, making a very difficult recipe was mandatory and then it was to be given to a black cat without any white spot : a hundred days later, an immortality stone would be in the stomach of the cat.

He had to start over again and again, as not everyone is able to make such difficult potion, but eventually he managed to succeed. He put the potion in milk and gave it to an entirely black cat.

Sixty-three days later, the cat came and started rubbing against the leprechaun’s face. The leprechaun chased it away, but the cat was insisting and biting his hand to awaken him. When the leprechaun opened his eyes, a thick smoke was spread all over the ceiling and the leprechaun quickly understood there was a fire. He barely escaped death, even if his house and all of his belongings were destroyed. However, he still had the cat and the immortality stone growing inside his stomach…

After one hundred days, the only mean to get the stone was to kill the cat, but everyone knows that leprechauns always pay there debts, and the cat had saved his lige. He decided not to kill it, even if it meant losing the results of his experiment, but both of them lived happily ever after until the cat eventually died of old age. Even then, the leprechaun never tried to get the stone.

Some claim that the leprechaun never managed to make an immortality stone, but most peuple think he succeeded. It is not important, as he was all his life grateful to the cat.

La conteuse et l’enfant

« Est-ce la vérité? » Demandait l’enfant innocente
Et la conteuse lui répondait de sa voix chantante :
« Est-ce la grande Histoire ou une histoire
qui se raconte ?
On dit qu’il y a un fond de vérité dans tous les contes. »

Et l’enfant insistait, babillant un langage d’or,
Alors la conteuse répondait de sa voix sonore :
« Est-ce la vérité qui importe ou le sens qui dort
Caché derrière les fées, les princes et les métaphores ? »

Alors l’enfant hésitait : « Il faut être faux ou vrai. »
Son visage trahissait ses plus intimes secrets,
Enfin son regard s’anima pour conclure, apaisée :
« Le conte est vérité. » Et la conteuse se taisait.

Il était une fois…

Il était une fois une fille qui rêvait d’écrire sans trouver le temps pour cela. Elle traînait ici et là, griffonnant quand elle pouvait avec le nez dans les feuilles de papier et la tête dans les nuages. L’inverse peut-être ?

Un beau jour, elle se mit à écrire des histoires et des contes courts et s’aperçut qu’elle aimait ce genre et la poésie qui s’en dégageait.

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C’est ainsi que j’ai créé ce blog pour partager mes inspirations et m’encourager à écrire.

Mes histoires s’inspirent de ce que je vois et ce qui m’entoure. Elles ont vocation à être racontée à ma fille de 3 ans donc devraient convenir aux enfants au niveau des thèmes mais personne ne connait mieux un enfant que ses parents pour adapter ce qu’on lui lit ou lui propose de lire !

Bienvenue dans mon univers !

Nathalie


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Once upon a time there was a girl who was dreaming of writing without finding the time for that. She was wandering here and there, scribbling when she could with the nose in blank paper sheets and the head in the clouds. Or maybe the opposite ?

I created this blog to share my inspirations and motivate me to write.

My stories are inspired by what I see and what surrounds me. They are meant to be told to my 3-year old daughter and should therefore be appropriate for children. However, no one knows a child more than his or her parents to pick his or her readings !

Welcome to my world !

Nathalie